Les jeunes pris en charge de l’Ontario célèbrent 10 années de YouthCAN et recommandent la voie à suivre

YouthCAN, un programme pour les jeunes pris en charge de l’Ontario, a récemment célébré son 10e anniversaire. Pour souligner cette occasion, le programme a procédé à un examen complet afin d’évaluer sa raison d’être, ses objectifs et ses priorités futures. Nous avons récemment parlé à Brian Van-Du, coordonnateur de YouthCAN, pour connaître les constatations de l’examen et la direction que prendra YouthCAN au cours de la prochaine décennie.

Pouvez-vous d’abord nous expliquer en quoi consiste YouthCAN?

YouthCAN est un programme à l’intention des jeunes pris en charge de l’Ontario, ainsi que du personnel des sociétés d’aide à l’enfance (SAE) qui travaille avec eux. Le programme a été instauré en 2006 à partir d’une proposition d’un ancien pupille de la Couronne. YouthCAN mène ses activités aux bureaux de l’Association ontarienne des sociétés de l’aide à l’enfance (AOSAE), ce qui permet de nous assurer que le programme est bien appuyé selon un modèle de partenariat jeunes-adultes. Mais le programme est réellement conçu pour être la voix unifiée des jeunes pris en charge de la province.

Le programme a de nombreux objectifs, incluant la représentation au nom des jeunes pris en charge, la communication avec ces jeunes au sujet d’enjeux qui leur sont importants, l’accroissement de leur apport et de leur participation à l’élaboration des politiques et des programmes, ainsi que la prise en charge du rôle de ressource pour les SAE et les organismes partageant la même vision, dont la mission est de servir la population de jeunes pris en charge. Voilà d’où provient la partie « CAN » du nom, qui signifie Communication, Advocacy et Networking (Communication, Représentation et Réseautage). Ultimement, le programme vise à aider les jeunes à créer des liens entre eux, ainsi qu’à se sentir responsabilisés, en sécurité et en mesure de réaliser leur plein potentiel.

Quel est votre lien avec YouthCAN?

Je suis coordonnateur du programme YouthCAN depuis 2012. Mon rôle est de superviser la prestation du programme en appuyant les zones dans la réalisation de leurs événements régionaux et la tenue de la conférence annuelle. J’agis aussi à titre de ressource pour le personnel des SAE et les jeunes pris en charge en ce qui a trait à tous les programmes et services connexes. Bien que je sois moi-même un ancien jeune pris en charge, je n’avais jamais entendu parler de YouthCAN avant d’assumer cette fonction. Mais je peux parfaitement constater les bienfaits que le programme procure aux jeunes dans leur développement personnel et social – cela rend mon travail très gratifiant.

Quel impact YouthCAN a-t-il eu au cours de la dernière décennie?

Comme YouthCAN a débuté il y a 10 ans, il a réellement évolué et est devenu un aspect crucial de la vie des participants. Nombre d’entre eux déclarent éprouver un sentiment d’appartenance et d’association grâce à leur participation aux événements et conférences de zones de YouthCAN.

Au cours des années, le programme a joint plus de 1 000 jeunes par l’entremise de plus de 200 événements régionaux et de 10 conférences provinciales. Le programme s’est aussi engagé dans des initiatives de représentation réellement cruciales, comme la Subvention équivalant à la Prestation ontarienne pour enfants, des soutiens à l’éducation, comme l’aide aux droits de scolarité et les bourses d’études, ainsi que l’Initiative des avantages sociaux pour les jeunes quittant la prise en charge.

L’AOSAE a récemment procédé à un examen du programme YouthCAN. Pourquoi cet examen a-t-il eu lieu? À quoi s’attendait-on de cet examen?

Après 10 années de fonctionnement, il était temps que YouthCAN fasse le bilan, réévalue ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné; il devait trouver des suggestions pratiques d’amélioration du programme, afin de mieux réponde aux besoins des jeunes pris en charge. Il était aussi important de tenir compte de ce qui nous entoure, d’explorer des partenariats lorsque cela est possible, ainsi que d’observer d’autres organismes qui sont des chefs de file dans des domaines particuliers, plutôt que de tenter de réinventer la roue. L’examen est particulièrement important parce que les temps ont changé et que le contexte du bien-être de l’enfance est très différent de ce qu’il était il y a 10 ans.

Comment les jeunes ont-ils été consultés dans ce processus?

Un comité d’examen de YouthCAN composé de champions des jeunes et d’anciens jeunes pris en charge a été mis sur pied afin d’aider à orienter le processus d’examen. Nous avons aussi consulté de jeunes membres afin de recueillir leurs commentaires qualitatifs par l’entremise de groupes de consultation, d’entrevues individuelles par téléphone et en personne, ainsi que de soumissions écrites. Nous avons amené un groupe de jeunes aux bureaux de l’AOSAE durant une journée, et nous avons demandé à un facilitateur graphique de documenter la séance de remue-méninges. Il s’agissait d’une façon unique d’enregistrer leurs commentaires, et nous nous reportons souvent à cette représentation graphique. Les jeunes ont été extraordinaires, et si importants pour la réussite globale de l’examen. Nous n’aurions pas pu accomplir cela sans eux.

 

Qui d’autre avez-vous consulté durant l’examen?

Nous avons recueilli des commentaires de parties prenantes communautaires, de travailleurs sociaux, ainsi que de professionnels du travail auprès des enfants et des jeunes qui les côtoient directement. Je ne peux pas tous les nommer – la liste complète est dans le rapport –, mais parmi ces intervenants, mentionnons les Grands Frères Grandes Sœurs, Covenant House Toronto, la Children’s Aid Foundation et Alliance Pro-jeunesse. Les consultations auprès de ce groupe nous ont permis de mieux comprendre les besoins des jeunes et de repérer les liens entre les secteurs.

Nous avons aussi étudié la documentation en consultant des rapports universitaires et des rapports d’agences dans le cadre du processus d’examen. Cette démarche a nécessité la compilation et l’analyse de recherches ou de publications liées au bien-être de l’enfance. Il était important d’obtenir des références sur ce que nos parties prenantes communautaires disent, et il était intéressant d’intégrer les perspectives globales et historiques dans notre rapport.

Pouvez-vous nous mentionner certains types de recommandations qu’on retrouve dans le rapport final?

Les recommandations énoncées dans ce rapport sont conçues de sorte que le réseau YouthCAN puisse les concrétiser. Certaines des recommandations sont très simples, par exemple, revoir les objectifs du programme, ainsi qu’établir une vision, une mission et une orientation stratégique officielles. D’autres sont plus complexes. Elles comprennent des éléments comme rendre le programme plus inclusif, accroître les fonds pour la participation des jeunes, ainsi qu’appuyer les jeunes qui quittent la prise en charge. Ce sont toutes des idées valides et des choses que nous aimerions faire. Certaines d’entre elles nécessiteront simplement plus de temps et de ressources.

À votre avis, quelle recommandation découlant de l’examen est la plus importante?

Je crois que l’une des recommandations les plus importantes est celle d’élaborer une formation adaptée à l’intention des jeunes pris en charge et ayant déjà été pris en charge. Il est important de tirer profit de l’incroyable réseau de jeunes pris en charge de YouthCAN – d’être plus intentionnels et stratégiques lorsque nous organisons nos événements et nos retraites. Nous devons y incorporer plus de possibilités d’apprentissage, de sorte que les jeunes acquièrent la capacité de défendre eux-mêmes leurs intérêts, comprennent le système et réussissent aussi dans leur vie personnelle. Une partie de cette recommandation est d’instaurer un programme de mentorat par les pairs. L’idée de pouvoir apprendre d’une personne plus âgée qui a déjà vécu dans le système du bien-être de l’enfance est très attrayante.

Où espérez-vous voir YouthCAN dans 10 ans?

Les possibilités de ce programme sont illimitées. Il a vraiment un potentiel énorme. Je peux imaginer YouthCAN se transformer en un organisme plus officiel, en tant qu’organisme autonome pour les jeunes et dirigé par des jeunes, doté d’un conseil d’administration. J’espère que YouthCAN pourra diriger et mettre en œuvre les recommandations afin d’améliorer la qualité des soins offerts aux jeunes. En ayant les bons soutiens et les bonnes ressources, YouthCAN peut croître, ainsi que créer plus d’événements et de programmes pour les jeunes.

Consultez l’examen intégral du programme YouthCAN ici et visitez ontarioyouthcan.org pour en apprendre davantage.

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