Série sur les agents de changement : les anciens jeunes pris en charge qui changent le monde — et le système du bien-être de l’enfance — pour le mieux

Voici Gabriella, dont la vie a changé grâce à une intervenante du bien-être de l’enfance autochtone. Elle souhaite faire la même différence dans la vie d’autres jeunes pris en charge.

Agente de changement

Gabriella

Oshawa

Le plus gros défi que j’ai dû relever

Ma grand-mère est décédée, et ma mère a fait une descente aux enfers. Elle est tombée du toit et s’est déchiré un tendon; on lui a alors prescrit de l’OxyContin et du Percocet, et puis du Secanol, et ensuite de la méthadone. Un jour, nous nous sommes battues et j’ai brisé une porte de verre à la maison. La police est venue et m’a émis une ordonnance de non-communication, et c’est comme ça que j’ai été prise en charge par la SAE. Lorsque j’ai été admise, je ressentais que j’avais complètement perdu mon lien avec ma communauté. Je me sentais comme si j’étais dans un pensionnat. Ma culture était mon point d’ancrage et ma façon de me connecter, et lorsque j’ai perdu cela j’ai vraiment perdu contact avec moi‑même. Je détestais le monde, je ne voulais plus vivre, j’avais beaucoup de ressentiment et je détestais être une Autochtone. J’avais le split feather syndrome. C’est un trouble où tu te sens inconnue, tu n’as rien à quoi te connecter, rien vers quoi retourner, et il n’y a rien qui te donne une identité ou une personnalité.

Comment j’ai vécu le changement dans le système du bien-être de l’enfance de l’Ontario

Je vivais dans un foyer de groupe juste au moment où une équipe de services autochtones a été mise en place. Danielle, mon intervenante autochtone, a été ce qui a eu la plus grande d’incidence sur ma vie. Grâce aux efforts acharnés de Danielle et de l’équipe de services autochtones, j’ai pu visiter un guérisseur et j’ai constaté ce qui s’est transformé en moi après avoir parlé à quelqu’un en Ojibwé. Elles m’ont aussi aidé à obtenir mon certificat de statut indien et à retourner visiter ma réserve. Je ne considère pas Danielle comme mon intervenante, mais plutôt comme une membre de ma famille. J’ai une photo d’elle sur mon mur. Parce que le programme autochtone à mon foyer de groupe était si génial, je ne me sentais pas aussi seule. Si j’avais obtenu ces services dans ma ville natale, j’aurais eu la possibilité de grandir là-bas. Je n’aurais jamais eu à venir ici et à vivre ce que j’ai vécu.

Mon moment de transformation personnelle

Les choses ont vraiment commencé à changer quand j’avais 16 ans, lorsque j’ai commencé à aller voir le guérisseur. Maintenant, je sais que mon nom spirituel est Blue Crane Woman. J’ai trois couleurs : blanc, bleu pâle et bleu. L’une des choses les plus exaltantes a été de remonter sur un cheval. C’est lorsque je suis à cheval que je me sens le plus ancrée. Ces choses sont si importantes pour moi en tant qu’Autochtone, parce qu’elles me montrent ce que je dois apprendre dans la vie, ce qui se passe, et me fait connaître ce que je suis.

Ce que je souhaite changer

Mon but sur terre est d’apporter un changement, pour que d’autres personnes n’aient pas à vivre les difficultés que j’ai vécues. Je veux retourner à Kirkland Lake et être le genre de conseillère que Danielle est. Nous avons prouvé ce que la perte de connexion des Autochtones a fait. Je veux participer à prouver ce que le rétablissement de la connexion peut faire.

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